Dieu a les deux bras étendus. L'un est assez fort pour entourer de justice, l'autre assez doux pour nous entourer de grâce.
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Epitre n°2 au Past Président Gbagbo : « Vous êtes mal barré »
Article publié le: 21 Mars 2011 - Auteur: André Silver Konan - Source: le nouveau reveil
Bonjour monsieur le Past Président,

Chose promise, chose due. Je suis bien vivant devant vous aujourd'hui, pour vous parler. Comme un fils quelque peu impertinent (entendons-nous bien, cela ne veut pas dire impoli. Je le précise surtout pour votre inamovible procureur du Plateau et pour certains de ses adjoints dont je doute sérieusement de la bonne maîtrise de la langue de Molière. Je sais de quoi je parle, j'ai été poursuivi à plusieurs reprises dans ce tribunal pour de prétendus délits de presse, et chaque fois, j'ai gagné mon procès, y compris celui où vous me poursuiviez (eh oui) dans l'affaire dite des « 100 crimes »), parlerait à un père par trop déviationniste.

Suite à ma première épitre, j'ai reçu beaucoup de messages et j'aurais certainement reçu beaucoup d'appels téléphoniques si je n'étais pas sur le répondeur. Je ne vais pas revenir ici sur les conditions dans lesquelles j'ai fui mon pays. J'ai honte d'utiliser ce terme, mais c'est la triste réalité.

Samedi donc, quelqu'un m'a envoyé un e-mail (j'espère que vous savez au moins ce que cela veut dire) en me disant qu'il ne supportait pas que j'écrive votre Président avec un grand P. Cela m'a fait sourire, mais en même temps, j'ai mesuré l'antipathie que vous inspirez désormais à certains de vos concitoyens, certainement les plus nombreux.

Pour ma part, je vous assure que je n'éprouve aucune rancour, ni aucune haine, juste de la colère face à tout ce gâchis que vous auriez sinon pu, mieux dû éviter ; et de la pitié du fait de votre obstination à la fois inconséquente et suicidaire. Parce qu'en fin de compte, vous avez été mon Président pendant cinq ans, puis mon chef d'Etat pendant 5 autre ans. Depuis le 28 novembre 2010, vous êtes mon Past Président. Désormais, vous savez ce que ce terme veut dire, je ne reviendrai pas là-dessus, parce que je sais que vous comprenez très rapidement, et donc que pour cela, il faut vous expliquer longuement.



Monsieur le Past Président,

Vous vous attendez peut-être à ce que je décrypte votre discours « indiscourable » de vendredi. Je ne le ferai pas. Je le ferai peut-être demain, peut-être après-demain, peut-être jamais. La raison est simple : je n'accorde aucun intérêt à ce discours, pas plus que je ne me préoccupe aujourd'hui de ma première chaussette d'écolier. Je n'attendais rien de votre discours. Personne n'y attendait rien. A preuve, personne n'a osé vous répondre à un haut niveau. Cela fait longtemps que votre parole ne vaut que dalle. Vous le savez certainement, vu le temps interminable entre le jour où vous avez annoncé votre discours et le jour où vous l'avez prononcé.

Je voudrais simplement vous dire quelque chose, pour aujourd'hui. Une seule chose. Auparavant, souffrez que je vous confie un sentiment personnel. Le jour où vous voyez votre vice-président, l'homme qui prétend être plus jeune que notre Drogba National (je reviendrai sur cette forfaiture, ultérieurement), celui qui a mis onze ans à l'université pour obtenir une licence dont l'ex-ministre FPI pur sang de l'Enseignement supérieur, a dit qu'elle était volée, dites lui que son appel prétendument historique, qu'il a chanté à longueur de journée, jusqu'à samedi, est vraiment risible. Au fait, qu'est-ce qui n'est pas risible chez lui, à part la machette qu'il sait faire manier prestement ? Etant donné que vous vous voyez tous les jours lors du conseil quotidien de guerre (eh oui, ne soyez pas étonné, je le sais, c'est la raison pour laquelle, les organisations internationales vous accusent directement quand il y a des massacres, parce qu'elles savent que rien n'est improvisé dans votre camp, quand il s'agit de ces choses), dites-lui de méditer sur le sort et le cas de Georges Rutagunda, le tout-puissant patron des Interahamwe rwandais. Les deux ont à peu près le même parcours, à peu près le même profil et à peu près les mêmes attitudes. Tout le mal que je pourrais lui souhaiter, c'est qu'il ne connaisse pas le sort et la fin de M. Rutagunda.



Monsieur le Past Président,

Voici ce que je tiens à vous dire aujourd'hui : vous êtes mal barré. Il n'y a pas d'issue pour vous et vous le savez, le drame, c'est que vos supporters l'ignorent ou feignent de l'ignorer. Ce sont eux que je plains.

Voyez-vous, l'Onu a autorisé l'usage de la force légitime contre le colonel Kadhafi en Lybie. Et ça, ce n'est pas du tout bon pour vous. Je parie 100.000 FCFA contre 1.000 FCFA que les chefs d'Etat de la Cedeao qui se réunissent jeudi à Abuja, vont demander à l'Onu d'autoriser l'usage de la force contre vous. Je peux avoir tort, mais je tiens le pari.

Vous êtes arrivé à cette étape où vous vous accrochez à n'importe quel petit espoir. Il en est ainsi de la décision de la cour de justice de la Cedeao qui interdit tout recours à la force en Côte d'Ivoire. Une décision sur la forme et non dans le fond, car dans le fond, vous savez que vous n'êtes pas la Côte d'Ivoire, mais M. Gbagbo. Mais bon, si cela peut vous réconforter le temps d'une journée, c'est tant mieux. Je vous ai déjà dit que vous alliez vous accrocher à n'importe quel espoir, pour vous convaincre que vous allez vous en sortir. Mais vous ne vous en sortirez pas et vous le savez.



Monsieur le Past Président,

Avant de vous quitter, j'aimerais vous confier une mission. Si vous voyez celui que vous appelez votre Premier ministre à qui j'ai dû remonter les bretelles, il y a quelques mois à San Pedro, lors d'un colloque sur le cinquantenaire (tout ce qu'il disait tournait autour de : « c'est la France qui fait qu'on n'est pas ceci, qu'on est ceci . ». Agacé par ce manque flagrant d'arguments d'un homme que je considérais jusque-là, comme un intellectuel de haut niveau, j'ai dû lui répondre, de façon très crue que c'est certainement la France qui nous empêche de nous coiffer.

Si vous le voyez (vous vous voyez rarement. Il doit même prendre rendez-vous pour vous voir, ce qui l'agace mais il n'a jamais bronché car il n'a pas le coffre du protestataire), dites-lui que je suis davantage déçu de lui. Cela fait plus de 50 jours que le système financier est bloqué et lui, le grand professeur d'économie, est incapable de mettre en place un petit système de télé-compensation pour faire tourner correctement les rares banques qui ouvrent leurs portes pour la forme. Passez aussi le mot à celui que vous appelez votre ministre de l'Economie. Lui, je ne connais pas son nom, je n'ai jamais vu sa photo ni vu son image à la télé et je ne veux pas perdre mon temps à aller sur Internet pour savoir comment il s'appelle. Dites leur que dans les quartiers d'Abidjan, des gens bien réfléchis commencent sérieusement à douter de leurs diplômes. Et ces gens commencent à se demander s'ils n'ont pas emprunté le chemin très connu de votre vice-président pour les obtenir.



Monsieur le Past Président,

Avant de nous quitter, je vous invite à réfléchir encore pour opérer le bon choix, le choix juste. Chaque jour, je vous le répéterai. Vous êtes allé certes loin. Mais il est encore temps de sortir dans la dignité mais la tête basse, de l'impasse politico-judiciaire dans laquelle votre goût insaisissable pour le pouvoir et les oripeaux du pouvoir vous ont enfermé, plutôt que d'en sortir, non seulement humilié et honni, mais maudit. Vous êtes mal barré, mais pas encore définitivement perdu.

A demain, si Dieu le veut. Qui vivra verra !



André Silver Konan

kandresilver@yahoo.fr
Les réactions
 
Bikel  a écrit
21 Mars 2011 09:29:46
proposition à Koudou Laurent Gbagbo:maintenant que tu es allé loin,très loin même dans ton obstination à te maintenir au pouvoir malgré ta défaite que tu as toi même reconnu devant les notables de ton village.Puisque tu leur a dis que Alassane a gagné mais tu ne lui cèderas pas le fauteuil ou alors que si tu lui cèdes le fauteuil, c'est un pays maudit que tu vas laisser.Maintenant que Jacob Zuma qui avait été induit en erreur par Yao N'dré(encore lui?) t'a lâché,je te propose de sacrifier ce dernier,en faisant croire à la communauté internationale que c'est lui qui t'a induit en erreur,et comme tu es un bon et parfait boulanger ta farine pourra faire monter les cours du blé à la bourse des valeurs.Cher Laurent je te prie de bien vouloir répondre à ma proposition. Merci et à bientôt.
 
Chris  a écrit
21 Mars 2011 07:19:45
Le plouc veut se donner le coffre d'un être serein mais ses nuits sont agitées. Ses flirts avec Satan sont tellement langoureux qu'il n'entendra jamais les appels d'hommes intelligents et doués de Raison comme toi Silver! Comme un écervelé, il s'est resolu à se laisser guider par son "destin". Il a dit dans un "temple": "ce qui doit arriver va arriver, ce que Dieu n'a pas programmé ne va pas arriver". Le langage a changé. Toute LMP parle de "DIEU" aujourd'hui. Ne l'oublions pas, le mercenaire opère toujours en tenue militaire sans avoir forcement la qualité de militaire. Tous ces drogués qui agissent avec le nom de DIEU dans leur ivresse du pouvoir ne sont pas du tout guidés par DIEU...LG est fini et il cherche une fin de "martyr" ou de "heros" de la liberté! Il sera plutôt cueilli comme un "héron"!
 
Mahoua  a écrit
21 Mars 2011 06:34:16
merci pour vos ecrits croustillants a lire.dommage pour koudou gbagbo je suis convaincue qu il ne fera pas machine arriere il est alle bien loin.take care
 
Nanou  a écrit
21 Mars 2011 06:24:19
bjr mr KONAN
je prends le pari avec vous pour les décisions CEDEAO ! ca va chauffer !!!! MAIS pour la sortie DIGNE pardon c'est râpé ! il a tout juste la carrure d'un minable chef de village pas plus grand que MAMA ! il ne faut pas l'oublier ça quand même !
pauvre de lui ! et j'ai pitié pour tous ceux qui l'ont suivi aveuglément et intentionnellement car ils auront le même sort !
 
Bagbobana  a écrit
21 Mars 2011 03:51:04
j'aime beaucoup vos écrits, mais malheureusement pour koudou, c'est fichu, il est tellement aux abois qu'il n'hésite pas à envoyer ces mercenaires libériens tuer des imams histoire de faire croire à une guerre réligieuse en côte d'ivoire! (l'imam de williamsville et toute sa famille jusqu'a sa mère ont été tué ce week-end). Les musulmans ne répondront jamais à ces attaques mais dieu va le frapper bientôt et de plein fouet! vous verrez. Lui et son clan peuvent envoyer leurs familles à l'autre bout du monde et tuer ceux des autres en côte d'ivoire, mais à moins de les envoyer sur Mars, ils subiront le même sort que ceux infligés aux civiles ivoiriens actuellement vous verrez également celà......
 
Merline  a écrit
21 Mars 2011 03:29:40
Vous avez un coup de plume extraordinaire, et, vous analysez les situations avec un raffinement réjouissant...vous me faites penser à un autre Konan,et, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas si dramatique, je m'en amuserai en vous disant que je compte appeler mon prochain petit-fils KONAN afin qu'il ait la même délicatesse que vous deux dans l'expression écrite. Mais la situation est catastrophique. Silver Konan, j'en pleure, il y a au moins deux générations complètement abêties, abruties, crétinisées en Côte d'Ivoire...Que va devenir ce pays avec cette masse humaine instrumentalisée, furieuse, tonitruante, tire-au-flanc et superficielle, avide de chair, de sang et d'alcool. Je vous le demande. Je vous enverrai un court mail sur votre boîte (court car je suis persuadée que vous en recevez des centaines par jour). Prenez surtout soin de vous.
 
Revoltée  a écrit
21 Mars 2011 03:25:46
éééh André,gbagbo est mauvais oooh.qu est ce q ns avons bien pu faire pr le meriter? on dirait une malediction de Dieu...jai mal